« Qu’est-ce que l’ikigaï ? »

Ikigaï est le terme japonais qui signifie raison de vivre, dans le sens mission, vocation. Je l’utilise ici car il est approprié au monde du travail, dans le sens équilibre qui pour moi est essentiel vu le temps que l’on y passe, d’autant que le temps est ce que nous avons de plus précieux à mon sens.

Et oui, nous avons toujours l’impression de manquer de temps. Avez-vous remarqué ? Nous manquons de temps dans notre travail, nous manquons de temps pour notre famille, pour nos amis, pour nos loisirs, pour nous.

Pourtant lorsque nous disons « je n’ai pas eu le temps » nous l’avons eu comme tout le monde. C’est juste que nous n’avons pas fait quelque chose de particulier, par manque de temps réel en raison d’une mauvaise organisation ou par manque d’intérêt, souvent. Ce qui compte, c’est en fait de bien décider de ce que nous voulons faire de notre temps et ensuite d’avoir la rigueur nécessaire pour atteindre nos objectifs, dans la mesure où ils sont atteignables, bien entendu. Le thème du temps est vaste et je rédigerai probablement un jour un article qui lui sera consacré. Aujourd’hui, j’introduis simplement le thème de l’ikigaï, dans le sens du choix de son travail, avec la notion du temps car il est compté pour chacun d’entre nous. Les deux sujets sont étroitement liés car ils ont un impact mutuel.

Pour trouver son ikigaï, il faut faire une analyse et une évaluation de 4 paramètres : le goût, le talent, la demande et la rémunération qui en découlerait. L’ikigaï se trouvera au coeur, au centre de ces paramètres.

Posez-vous la question de ce que vous aimez vraiment faire (il peut y avoir plusieurs réponses, bien entendu). Demandez-vous ensuite ce que vous faites bien, voire très bien et formez des paires entre vos goûts et vos talents. Si vous n’en trouvez pas, chercher encore, vous en avez certainement, mais il faut ouvrir grand ses sens et être bienveillant avec soi. En parallèle et conjointement, une autre analyse doit être menée : y a t-il de la demande pour le produit ou le service que vous allez proposer ? Ou bien y en aura t-il ? Vous avez évidemment le droit d’être visionnaire, pensez-vous que votre offre nouvelle aura une utilité ? Quel prix les gens seront prêts à payer pour ce produit ou ce service d’après vous ? Combien paieriez-vous, vous-même, si vous étiez prospect pour ce nouveau produit ou service ?

Si vous avez trouvé ce que vous voulez faire, que vous savez le faire, que cela est commercialisable et que son tarif vous convient : vous avez trouvé votre ikigaï, votre métier du bonheur. Ce n’était pas facile, bravo !

Si vous ne l’avez pas trouvé ce n’est pas un drame. On ne le trouve pas toujours, c’est rarement évident. De plus, si vous pensiez l’avoir trouvé, vos petites voix intérieures vous ont expliqué que ce n’est pas possible, voire que vous êtes nul pour faire cela, que vous n’y arriverez pas, que ça ne vous rapportera rien… C’est normal ces petites voix sont là pour vous protéger et souvent un peu trop. Elles sont très utiles et se veulent pleines de bonnes intentions, alors il ne faut pas leur en vouloir. Il faut les écouter, puis rapidement les calmer en posant factuellement le contexte, afin de libérer votre esprit et peser tous les paramètres.

Dans tous les cas ce travail de recherche est bon car le fait de se poser ces questions vous apprend toujours et parfois même vous constaterez que vous êtes déjà dans la bonne voie.

Ce qui est dangereux, c’est de glisser sans jamais se poser de questions, sans jamais prendre conscience que l’on a toujours le choix. Certes choisir n’est pas facile et il peut y avoir des conséquences lourdes, mais on a le choix. Le choix d’agir avec des conséquences à assumer, lourdes ou légères.

Pour être en paix intérieure, on doit également avoir conscience que ne rien vouloir changer, par exemple, est un choix. Subir fait mal. Choisir fait grandir, cela fait du bien à l’âme. Il ne faut pas se priver de cette prise de conscience.

A l’inverse, vouloir changer et ne pas être en paix parce que le changement fait peur, c’est normal aussi. Les petites voix vous retiennent et vous encombrent l’esprit. Il va falloir prendre du recul pour y voir clair.